Si vous traînez dans les forums radioamateurs depuis un moment, vous avez forcément croisé le Quansheng UV-K5. Ce petit portatif devenu culte, pas cher, hackable à souhait, chouchou de la communauté firmware custom. Eh bien Quansheng a décidé de faire une suite : le TK11, dit "Taiko Kong". Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ont mis le paquet.

Alors, héritier digne du K5, ou simple coup marketing habillé en gorille ? (Oui, il y a un singe sur l'écran. On y reviendra.)


"Taiko Kong"… mais pourquoi ce nom ?

Bonne question. Le terme "taiko" vient du japonais et signifie "tambour", ce qui est censé évoquer la robustesse et la puissance de l'appareil. Mais traduit directement du chinois, ça donne plutôt "trop rapide". Et le clip de ceinture affiche un singe façon King Kong. Allez, on ne va pas chercher plus loin — les ingénieurs font de bonnes radios, le marketing fait ce qu'il peut.


Ce qu'il y a dans la boîte (et sur la fiche technique)

Le TK11 n'est pas un simple VHF/UHF de plus. Il couvre cinq bandes en émission : 10m (28-29,8 MHz), 6m (50-54 MHz), 4m (70-70,5 MHz), 2m (144-148 MHz), et 70 cm (420-450 MHz), plus une réception large bande. Amazon Voilà qui dépasse largement le cadre du talkie-walkie pour randonnée.

En réception, la couverture s'étend de 0,153 à 1160 MHz, avec démodulation AM, FM et SSB. Eham Et la puissance affichée ? 10 watts en sortie maximum. Amazon Pour un portatif, c'est la limite haute du raisonnable.

Il existe plusieurs variantes : le TK11 standard, le TK11(5) et le TK11(8). La principale différence entre les modèles, c'est la batterie : 2500 mAh sur les versions standard et (5), et 3000 mAh sur le (8), qui profite aussi d'une grille de haut-parleur en métal au lieu du plastique. Amazon Le reste du circuit est identique.


L'interface : familière, mais améliorée

L'écran affiche simultanément les deux VFO actifs, les noms de canaux en alphanumérique, l'icône batterie et les indicateurs de signal et de puissance. Le menu reste dans la tradition Quansheng : des codes numériques pour chaque réglage, accompagnés d'étiquettes en clair. Radtel Une fois qu'on connaît les dix fonctions qu'on utilise vraiment, ça va très vite.

L'écran fait 1,44 pouce, avec un rétroéclairage bleu glacier assez caractéristique Substack, et plutôt lisible même en plein soleil. Pas révolutionnaire, mais efficace.

Le gros ajout ergonomique par rapport à un K5 classique : un double PTT latéral. La touche principale émet sur la bande A, la secondaire sur la bande B. Ce n'est pas un gadget — quand on surveille à la fois un relais et un canal simplex, ne pas avoir à jongler avec les menus pour changer de VFO actif, ça évite les erreurs. Radtel


Les fonctions qui font la différence

Réception étendue et SSB — le TK11 supporte la démodulation AM, SSB et FM en réception sur une bonne partie du spectre. Eham Attention cependant : le SSB en émission n'est pas fonctionnel. Il faut traiter les mentions CW/SSB sur la fiche technique comme du langage marketing, pas comme des modes d'émission réels. Radtel C'est une déception pour les chasseurs de DX, mais on le sait dès le départ.

La réception HF : on va être honnêtes — c'est le point noir de l'appareil. Sur le papier, la couverture de 0,153 à 30 MHz fait rêver. Dans la pratique, c'est décevant. Sans préamplificateur externe et une bonne antenne dédiée, les signaux HF arrivent noyés dans le bruit, avec une sensibilité bien en deçà de ce qu'on attendrait. Pour écouter les bandes 40m, 20m ou 10m dans de bonnes conditions, il faudra beaucoup d'optimisme ou un SDR en complément. Ce n'est clairement pas un récepteur HF sérieux — c'est une fonction "bonus" à prendre comme telle.

Analyseur de spectre — le TK11 intègre un analyseur de spectre et un fréquencemètre qui permettent de surveiller l'activité radio sur une large plage simultanément et d'optimiser les réglages. Amazon Pour trouver un canal libre ou comprendre ce qui se passe localement, c'est un outil pratique.

NOAA avec décodage SAME — en cas d'alarme météo locale encodée SAME, le radio déclenche une alerte sonore à 85 dB et allume automatiquement l'écran, même en veille nocturne. Ham Radio Therapy En Europe on n'en profite pas directement, mais la fonction de veille météo en arrière-plan est là pour ceux qui voyagent outre-Atlantique.

Batterie et charge — la batterie 3000 mAh (sur le modèle 8) se recharge en USB-C rapide, avec une autonomie annoncée de 12 heures en mode 10 watts. RadioReference.com C'est généreux, même si on prend toujours les chiffres constructeur avec des pincettes.

999 canaux — la mémoire accepte 999 canaux programmés Radtel, largement suffisant pour les plus compulsifs des organisateurs de fréquences.


La fonction "Magic Voice" : on en parle ?

Oui, il faut en parler. Le TK11 dispose d'un mode "Magic Voice" qui permet d'émettre avec une voix modifiée façon bébé ou extraterrestre. Amazon C'est… une chose qui existe. Amusant lors d'un dimanche pluvieux entre amis, mais à utiliser exclusivement hors des bandes amateur, et à ranger dans le même tiroir que les sonneries rigolotes : pour les apéros, pas pour le trafic.


Ce qui agace quand même

Comme son prédécesseur le K5, le TK11 n'échappe pas à quelques travers du genre.

L'antenne d'origine : passable, mais une antenne aftermarket améliorera sensiblement les performances, surtout sur 2m et 70cm. Des options haute gain existent, couvrant 50/144/430 MHz, ainsi qu'une antenne LW/MW/SW dédiée pour la réception ondes courtes. Carc-nc Comptez quelques euros de plus, mais ça vaut le coup.

Le scrambler intégré — il embarque un chiffreur de groupe à 10 codes Radtel — est à éviter absolument sur les bandes amateur. Ce n'est pas activé par défaut, mais le menu existe, et la réglementation est claire sur ce point.

Et comme pour beaucoup de radios chinoises ambitieuses, la documentation officielle reste légère. La communauté en ligne compense bien, notamment les groupes Facebook et les forums dédiés qui fourmillent de configs prêtes à l'emploi.


Le lien avec le UV-K5 : pas de firmware custom cette fois

C'est sans doute la plus grande déception pour les fidèles du K5. Là où son prédécesseur était devenu une plateforme de développement communautaire à part entière — avec des firmwares alternatifs ajoutant des fonctions que Quansheng n'avait jamais imaginées — le TK11 ferme la porte. Le firmware est signé cryptographiquement, et il n'est pas possible de flasher un firmware non officiel. Quansheng a verrouillé l'appareil.

C'est compréhensible d'un point de vue commercial — la communauté du K5 avait parfois bousculé certaines limites réglementaires — mais c'est une vraie perte pour les bidouilleurs. Il n'y aura pas d'Egzumer, pas de version custom qui débloque la réception FM broadcast ou repousse les limites du hardware. Ce que vous voyez dans la boîte, c'est ce que vous aurez. Pour l'instant, en tout cas — à voir si quelqu'un trouve un contournement.


Pour qui c'est fait ?

Le TK11 s'adresse autant aux randonneurs et coordinateurs d'événements qu'aux nouveaux radioamateurs cherchant un premier portatif capable, ou aux opérateurs expérimentés qui veulent un polyvalent à petit prix pour le portable et les activations terrain. En revanche, si vous espériez une plateforme hackable dans la lignée du K5, passez votre chemin — ce n'est pas cet appareil.

Si vous avez déjà un K5 et que vous en êtes contents, le TK11 est son évolution naturelle côté hardware : plus de bandes, plus de puissance, meilleure ergonomie, USB-C. Mais il perd l'âme open-source qui avait fait le succès de son prédécesseur.


Verdict

Le Quansheng TK11 Taiko Kong fait beaucoup de choses bien. La couverture multi-bandes en émission, le double PTT, l'analyseur de spectre, la batterie confortable, le USB-C — c'est un package cohérent pour le prix. Mais il faut entrer les yeux ouverts : la réception HF est décevante, le firmware est fermé, et la magie communautaire du K5 ne se reproduira probablement pas ici.

Ce n'est pas un Kenwood ou un Yaesu, et personne ne le prétend. Mais pour un portatif de terrain VHF/UHF abordable avec quelques bonus HF, il reste une option sérieuse — à condition de ne pas lui demander ce qu'il ne peut pas donner.

f4mzi 28 février 2026  -  18:10  - 

Pas encore de commentaire

Ou

Cookies essentiels

Ce site utilise des cookies nécessaires à son fonctionnement, ils permettent de fluidifier son fonctionnement par exemple en mémorisant les données de connexion, la langue que vous avez choisie ou la validation de ce message.



Consulter les mentions légales